06/04/2017 – Villeurbanne / Transbordeur – 19h

Déjà un petit groupe de fans attend devant les portes lorsque j’arrive à l’entrée du Transbordeur. J’ai rendez-vous avec Fixpen Sill pour une interview : on me fait rentrer sous le regard ébahi de la foule en délire ! Une fois à l’intérieur je salue les deux membres de Fixpen (Vidji et Kéroué) puis les répétitions et test son s’enchainent : je suis aux anges. Malgré un emploi du temps très serré et un concert qui approche ils m’invitent ensuite volontiers dans leur loge à l’allure baroque : s’en suit un échange de 30 minutes autour de bonbons, le tout dans une ambiance décontractée. Merci Marie-Jeanne ! Humbles mais directs, esthètes mais pragmatiques, perchés mais techniques… Le nombre de qualificatifs est proportionnel à leur accessibilité : c’est tout ce qu’on aime. « Le concept est d’une trempe rarissime ; Une tranche de rap lourd comme une ancre maritime » Merci Fixpen ! La suite tout le monde la connait : ils mirent le feu au Transbo.  

Salut les gars ! Première question : est-ce que vous êtes en forme pour le concert de ce soir ?

Vidji : Ça va, courte nuit comme à chaque fois où on doit se déplacer un peu loin parce que ça nécessite une grosse organisation. Mais c’est plus de la fatigue nerveuse, donc en forme !

Kéroué : C’est notre première à Lyon en tant que Fixpen donc c’est important pour nous car on sait qu’il y a un public ici qui nous attend depuis longtemps. On a envie de montrer de quoi on est capable.

A la base vous deviez vous produire avec Alpha Wann mais finalement ce sera avec Panama Bende : comment vous faites pour gérer ces aléas ?

: En fait on dépend un petit peu de notre tourneur cette année. Avant on s’organisait pour les concerts nous-mêmes en rentrant directement en contact avec des organisateurs. On avait tendance à gérer nous-mêmes les dates mais depuis juin dernier on bosse avec des tourneurs avec lesquels on deal des dates : on n’a donc rien à dire sur les dates et la façon dont ils veulent faire la soirée. Si ça avait été Alpha ça nous aurait fait très plaisir parce que c’est un mec avec qui on fonctionne depuis longtemps mais les gars de Panama on sait qu’ils font très bien le taf, on en connaît plusieurs aussi. C’est un bon plateau.

Justement, quelle est votre relation avec Alpha Wann et Panama Bende ?

: Panama Bende je les connais moins bien que Kéroué mais il y en avait quelques-uns que je côtoyais parce que Paris finalement c’est petit à travers les cercles et les réseaux : tout le monde finit par se retrouver que ce soit à la radio ou en concert, chez des potes ou en studio. Je ne les ai pas tous croisés mais il y a Ormaz qu’on connaît mieux parce qu’il est au Dojo. Après je suis artistiquement ce qu’ils sortent et je trouve ça bien frais !

En tant que Fixpen c’est votre premier concert à Lyon, artistiquement parlant Lyon ça vous évoque quoi ? Il y a une scène rap qui est active avec des crews comme l’Animalerie entre autres…

: Je sais qu’il y a une époque où il y a pas mal de mecs qui sont descendus de Paris et d’ailleurs pour connecter avec des gars de Lyon autour de freestyle avec Oster Lapwass. Il y avait donc pas mal de têtes qu’on connaissait qui avaient collaboré avec eux lors de leurs déplacements à Lyon. Nous on en a jamais fait partie car à l’époque on était à Nantes. En revanche on suivait ça de loin, on sait qu’il y a une énergie qui se dégage de cette ville. Au niveau du rap il y a un délire qui est propre à la ville de Lyon.

Passage obligé désolé les gars, vous avez dû le faire pleins de fois, mais pour les personnes qui ne vous connaissent pas vous pouvez vous présenter ?

: Ouais ! Du coup notre groupe existe depuis fin 2009. On s’est rencontrés parce qu’on avait besoin l’un de l’autre…

(rire) : C’est beau ce que tu dis…

(rire) : Moi au niveau du support instrumental surtout. Vidji écrivait déjà donc je ne m’aventurerais pas en disant qu’il avait besoin d’aide au niveau de l’écriture. Il y avait besoin d’un catalyseur et du coup depuis on ne lâche pas le morceau. Là on arrive à un moment clé dans notre carrière parce qu’on a besoin de ressortir un projet nous faisant avancer et un deuxième album pour confirmer le succès du premier. Jusqu’à maintenant on a franchi les étapes, à nous d’en franchir des nouvelles.

Il y a aussi deux moments clés : 5 Majeurs et Fixpen Singe. Vos rampes de lancement ?

: 5 majeurs ça a été notre rampe de lancement !

: Fixpen Singe notre rampe de sortie (rire)

V (rire) : T’es un bâtard… Ouais donc pour revenir là-dessus 5 majeurs c’est ce qui nous a permis d’être exposés assez rapidement, de faire connaitre Fixpen Sill. Fixpen Singe un peu moins dans le sens où à l’époque avec Lomepal et Caballero on pensait avoir une fan base commune et à peu près égale : on n’a pas cassé la baraque avec ce projet mais ça nous a quand même permis de faire une tournée avec les potes.
5majDe gauche à droite : Lomepal, Kéroué, Caballero, Vidji, Meyso

Parlons un peu de votre style, c’est quoi vos inspirations ?

: Moi j’ai beaucoup consommé de reggae, exclusivement du reggae et du rap entre mes 9 et 20 ans. Je sélectionne beaucoup les morceaux, je n’écoute pas les albums en entier : j’écoutais donc peu de chose de beaucoup de gens. Soul, reggae, rap, hip-hop… Après comme j’ai une formation de musicien j’ai appris à étudier la musique classique aussi.

: Les inspirations au début je pensais qu’elles se trouvaient uniquement dans ce qu’on écoutait notamment en rap FR où on a tendance à prendre de ses aînés. Mais je me suis rendu compte, c’est très cliché de dire ça, mais elle vient de partout : des voyages… (rire avec Vidji) Mais maintenant que je me suis détaché de cette image de rappeur juste rappeur j’essaie de me passionner pour beaucoup de choses notamment le dessin ou des choses qui dépassent le côté musical. L’inspiration elle peut venir d’un domaine et on peut l’amener vers un autre.

Dans quelle mesure ça influence votre schéma d’écriture ?

: Pour moi l’écriture était déjà là. Je l’ai travaillée depuis le départ, j’avais un modèle d’écriture que je voulais suivre : que j’ai suivi jusqu’à maintenant jusqu’à en devenir zinzin. Mais en me rendant compte du prisme dans lequel on est et de la manière dont on est obligé d’écrire j’essaie de prendre plus de recul et de faire des morceaux plus légers, d’essayer de nouvelles techniques pour éviter de tomber dans exclusivement ce qu’on sait faire sinon on aura du mal à avancer.

Question clichée : être défoncé ça vous rend plus créatif ?

: On a conçu tous nos projets complètement fonsdé (rire). On n’a même pas de contre-exemple à te présenter du coup. Ça aide oui, c’est sûr. Ça permet de te constituer une bulle temporelle, hermétique aux tracas du quotidien.

Il y a pas mal de personnes vous considérant comme des esthètes en raison d’un côté parfois élitiste dans l’écriture et dans la manière de concevoir vos clips. Finalement comment vous définiriez le style Fixpen ?

: C’est compliqué… Je crois qu’on a déjà essayé d’en discuter avec Kéroué et on est incapables de répondre à cette question.

: Ouais !

: A chaque fois qu’on veut faire quelque chose et qu’on réfléchit trop à le faire on finit par ne pas le faire ou ça finit par nous gonfler. Au final ce qui marche avec nous c’est les trucs qui viennent plus spontanément et pas réfléchis… C’est hyper dur à décrire aux gens, c’est compulsif. C’est peut-être notre intransigeance avec la technique d’écriture qui peut nous caractériser plus, pour ce qui est de voyant. Après on fonctionne pas mal par ce qu’on dit pas : il y a plein de choses dont on ne parle pas dans nos textes et par élimination ça vient cibler des sujets beaucoup plus précis, plus humains. Peut-être qu’on est un peu moins versatiles que d’autres rappeurs dans ce qui nous fait kiffer… (petite pause) Enfin ça sert à rien de descendre les autres rappeurs pour essayer de se qualifier soi-même…

: Globalement on se prend la tête. Le style Fixpen c’est ça : de se prendre la tête et de pouvoir relâcher la pression sur certains morceaux, de réussir à faire autre chose que juste du rap. C’est réussir à faire nos vies en y incluant le rap et en faisant du rap en y incluant notre vie.

A côté de cet aspect esthète vous avez aussi un côté un peu décalé : notamment le son « Hobo » où vous n’aviez pas compris la manière dont les gens ont réagi au son et au clip…

: Ouais non mais ça a été une escalade ce son, malheureusement (rire). Moi je sais que les gens le comprendront en 2018. Le problème c’est qu’il est sorti trop tôt. Trop tôt pour un rap français crispé et gelé. Malheureusement aussi le jour des attentats du 13 novembre donc l’ambiance n’était pas trop à ça on va pas se mentir… Un mauvais départ entache aussi le score d’un clip…

: On revenait d’un certain long silence donc les gens se sont dit c’est foutu quoi (rire)

: Moi ce son je le trouve incroyable !

: Ouais !

: On le valide à fond et on continuera à le jouer sur scène malgré ce que les gens disent.

: Sous les jets de tomates !

: On n’a jamais habitué les gens à nous critiquer ou à être déçu… S’il faut brusquer un minimum les puristes qui aiment le Fixpen du début et qui ne veulent pas nous voir évoluer et bah on est prêts à les défier là-dessus.

Petit point discographie et projet : le premier c’était « On verra plus tard » ?

Les deux : Non… Il y a eu un projet avant : « Le Sens de la Formule ».

Moi (la honte) : C’était quand… ?

: Fin 2011, début 2012 !

: C’était sorti juste sur internet, c’est un 11 titres.

Moi : Ah ouais j’ai zappé… du coup après il y a eu « On verra plus tard » ?

: « On verra plus tard » on parlait d’un album qu’on sortait pas et fallait qu’on sorte quelque chose. On avait des morceaux qui tenaient la route, qui allaient ensemble donc on en a fait un projet : la réalité elle était là. On était sur quelque chose de plus sérieux qui nous prenait plus de temps et on a sorti ça en y mettant quand même un minimum de moyen pour monter qu’on était là. Après je ne sais pas qu’il a une identité précise ce projet… La pochette c’est un mec qui se croûte en moto…

: c’était un petit 4 titres pour patienter… Après il y a des morceaux que je trouve bons !

: Ah mais moi aussi !

: C’est juste qu’effectivement on a sorti une première soupape parce qu’on n’avait pas encore l’album dispo totalement. L’album a suivi. On a eu des bons retours dessus et là on prépare un nouveau projet, on ne peut pas trop en dire mais on commence à voir pas mal de morceaux de prêts. On se creuse juste sur la manière de les sortir au mieux.

Votre premier album justement, « Edelweis », c’est l’aboutissement de ce que vous comptiez mener d’un point de vue artistique ?

: Ouais ! En tout cas ça retrace toute une partie de travail et une période de ma vie, je parle pour moi, où j’étais entre Paris et Nantes. J’avais des inquiétudes, je revenais sur des morceaux, je voulais compléter l’album… C’était un long cheminement qui a abouti sur un projet dont je suis fier aujourd’hui.

Question plus personnelle sur votre collaboration : vous êtes deux MC’s associés à un même nom. On essaie de se démarquer chacun par rapport à l’autre ou on s’accorde ?

: Moi pas du tout. Les gens me posent parfois la question si j’envisageais du solo ou pas. Je ne m’étais jamais posé la question mais ça ne m’intéresse pas, que ce soit juste pour le live de tourner seul… d’être juste seul à faire son délire en fait ! De base je ne nourrissais pas des ambitions de carrière solo, puis c’est moi qui fais les prods et elle m’intéresse cette place d’architecte au sein de Fixpen. Mais je sais que ce n’est pas la même pour Kérouré, qui avait déjà cette habitude et façon de travailler en solo. A l’époque il avait sorti un projet complétement homemade qui est peut-être encore sur internet (rire).

: Je le suis devenu un peu moins… Mais je t’avoue que ces derniers temps ça m’arrive d’avoir besoin d’écrire. Des fois je peux rester 6 mois sans écrire une ligne mais là je sais que j’ai besoin de gratter donc c’est possible que je m’associe… Je sais que de toute manière je continuerai de tourner avec Vidji : mon image est indissociable, même musicalement de Vidji. Par contre pourquoi pas un petit projet avec un autre beatmaker… J’avais collaboré avec un mec de Brest, Blutch, qui est plus dans l’électro un petit peu, qui a signé sur le label Astropolis. J’avais bien aimé ce qu’on avait fait tous les deux donc je lui ai redemandé des prods, je vais essayer de me faire un petit maxi avec 4-5 titres !

Nice ! Maintenant topic un peu plus général sur le rap français… 5 Majeurs c’est fini ?

: Ce n’est pas à l’ordre du jour du tout. Quand tu vois déjà l’emploi du temps de ministre de Nekfeu tu peux deviner assez facilement que ce n’est pas simple. Après ce qu’il faut se dire c’est que nous on a nos trucs en solo qui nous intéressent, que Nekfeu a pas mal de collectifs et de groupes à faire tourner… Alors je ne dis pas qu’on est la 5ème roue du carrosse mais il est avec des amis d’enfance tu vois ? Nous on est une collab qui s’est faite spontanément donc on a pas la priorité sur le créneau et en soi nous ça nous a permis de nous développer à côté personnellement : ce qui n’est pas une mauvaise chose. Heskis lui a sorti son premier projet il n’y a pas longtemps « GG Allin » et commence à entamer quelque chose de solo aussi donc chacun est en train de voir où ça nous mène. Ce qu’il faut se dire aussi c’est qu’à chaque fois entre le moment où 5 Majeurs s’est décidé et où les projets sortaient il se passait très peu de temps : on s’appelait, on se retrouvait et on faisait ça en un temps minimum. On n’est pas l’abri que ça puisse se reproduire mais c’est pas à l’ordre du jour.

 

nek

De gauche à droite : Heskis, Vidji, Kéroué, Hunam, Nekfeu

PNL, SCH, JUL ça vous inspire quoi ?

: 3 choses différentes.

: PNL c’est originalité, puissance. Je trouve qu’ils sont puissants. JUL je le trouve puissant aussi mais dans une désinvolture totale. SCH j’écoute pas du tout. Mais JUL et PNL je me les prends.

: Moi PNL je me les suis pas mal écoutés… un peu moins maintenant après que la recette a été brassée et rebrassée. J’y trouve un peu moins mon compte. JUL je ne peux pas l’écouter. SCH il est grave intéressant, je le trouve grave fort, même si ce n’est pas trop mon style.

Vous pensez donc que la scène rap française est plus riche qu’avant ?

: Ouais dans tous les sens du terme…

: Ouais !

: En bien et en mal…

: Son quota de bonheur et de déception !

: Mais il y a beaucoup plus qu’avant c’est certain, ça a explosé !

Petit mot à propos du rap belge qui est entrain de tout déchirer avec vos potos, Caballero notamment ?

K : JeanJass aussi, qui est notre bon poto ! Grosse force à eux !

: C’est bien qu’il ait réussi non pas à redorer le blason car il n’était pas sali mais qu’ils aient réussi à mettre plus de lumière sur leur milieu. A la base ils avaient une façon de rapper très à eux. J’ai toujours eu de l’affinité avec ce rap donc je suis content que ça pète aujourd’hui !

: Ils ont réussi à bien mutualiser leur talent…JeanJass était dans Exodarap… Il y avait deux gars d’Exodarap qui ne faisaient pas grand-chose…Ils se tournaient toujours autour en fait Caba’ et JJ ! Je ne crois pas que ça plaisait à Caba’ d’être en solo et là ils ont réussi à fusionner et à donner un délire un peu rigolo mais sérieux, parce que le rap est très sérieux. Pour les instrus JeanJass est très doué mais ils ont fait appel à Eazy Dew tu vois ? Ils se sont arrangés pour donner une aura qui est puissante ! Et qui motive !

 

  1. Si Fixpen était un homme politique ?

: Waouh on n’est tellement pas dans la politique… allez Bernard Tapie !

: Moi… Noel Mamere !

Ça vous inspire quelque chose cette élection présidentielle ?

: Lui non mais moi ça me passionne ! Je suis complètement obnubilé par les débats, les affaires, comme un feuilleton tu vois ? J’y prends goût, c’est croustillant ! Il y a des affaires et la presse joue le jeu, les mecs se tirent dans les pattes : c’est le collège. Ça me fait marrer. Je regarde ça avec beaucoup de scepticisme et d’ironie mais je t’avoue que je n’en reviens pas du cirque qu’on nous présente à la télé ou sur internet ! Je me demande jusqu’où ça peut aller…

: Moi je vois ce cirque mais ça me rend complément dingue ! Ça ne me passionne pas du tout ça m’énerve en fait. Tu vois comme Renaud il disait « j’ai envie de jeter ma bière dans la télé » ? Et bah moi j’ai envie de faire pareil ! Il disait « jeter ma bière dans le truc et ne plus avoir à faire à ces crevures », bah c’est exactement ça ! Je pourrais être ce mec à jeter sa cannette d’Amsterdam devant sa télé pour pas voir la gueule de ces trous de balle ! Mais c’est mon point de vue et je n’invite personne à me suivre, intéressez-vous à la politique et ne vous faites pas baiser. Je pense que j’irai voter blanc parce que je ne connais pas assez bien ce que chacun propose mais en tout cas ça m’énerve. Quand je rentre dans des cercles, des débats où on va parler de politique ça me tend, je ne suis pas bien parce qu’on discute juste de qui sera le moins punissable parmi ces…(hésitation) trous de balle, je le redis.

Quel est le dernier son que vous avez écouté ?

: Le problème c’est qu’on écoute absolument tout ce qui sort, enfin dans la mesure du possible. En rap US et français on essaie du moins. Aujourd’hui on a pas écouté de son on n’avait pas de câble dans le bus tour…

: Moi j’ai écouté Leroy Burgess – Heartbreaker ! Je vous le conseil, très très lourd ! Un petit son funk qui remet les idées en place après un bon débat politique !

Quels sont les deux albums à absolument écouter si on se dit fan de rap ?

: G-unit – Beg for mercy et Fonky Family – Si dieu veut

: Nas – Illmatic

Dernière question : plutôt Nantes, Paname ou Lyon ?

: Moi je n’ai pas répondu à Lyon tout à l’heure mais la sensation que j’avais sur Lyon et qui m’a été… comment dire… putain j’ai du mal là aujourd’hui (rire) certifiée par des gars qu’on avait croisé, des jeunes lyonnais, quand on est allés jouer à Grenoble, c’est que c’est un peu enclavé Lyon. T’as presque l’impression que tu arrives dans une région, artistiquement je parle, presque indépendante style Pays Basque, Bretagne parce que les rappeurs lyonnais ne s’exportent pas beaucoup et les rappeurs d’en dehors de Lyon ne viennent pas forcément fuiter les rappeurs lyonnais. Je me rappelle de l’époque dont parlait Kéroué tout à l’heure, bon je sais pas d’où ça part et de qui ça vient, je ne pense pas qu’il y ait de l’animosité entre les écoles comme ce qu’il a pu y avoir entre Paris et Marseille dans les années 90-2000, mais j’ai vraiment l’impression qu’il y a une sphère un peu fermée à Lyon. Et ces deux jeunes lyonnais nous disaient que les scènes sont trustées par certains groupes qui sont tout le temps programmés.

: Moi je suis pote à Paris avec des mecs qui ont fait des clips pour Bavoog Avers et du coup je les ai rencontrés vite fait en soirée et comme c’est des bons buveurs on s’est bien entendus… c’est mon côté breton. Je les ai trouvés très sympas ! Le problème c’est que je connais quelques lyonnais mais pas la ville de Lyon… Donc en priorité je dirais Paris parce que j’y vis pour l’instant et qu’il y a des opportunités ! Nantes parce que ça a été le berceau de notre écriture et de notre montée artistique. Mais la véritable ville la plus stylée c’est Quimper parce qu’on est là ! On représente à fond ! (rire)

: Mais Lyon c’est très chaud aussi !

 

 
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Propos recueillis par Vincent Rocchietta.